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TRAX

Le blog Trax non officiel est réalisé par une passionnée de musique electronique.

Le bus mène à tout...

Publié le 24 Mars 2006 par Trax

Avant hier, aux alentours de 15h20, je dois me rendre à un rendez vous, et j'hésite à prendre le bus. Les manifestations qui sévissent actuellement (à juste titre) bloquent la circulation, et à chaque fois je me dis que j'aurais fait plus vite à pied.

Finalement, j'opte pour le bus, par pure fainéantise.
Pas grand monde à cette heure ci sur la ligne. Mais un premier signe qui me fait penser que j'ai bien fait pour le bus : Melvil Poupeaud est assis au début du véhicule. Je choisi un siège au milieu. A côté d'un petit vieux qui a l'air sympa et pas trop collant (rien de pire qu'un sénior vous racontant le bon vieux temps, qui n'était pas si bon que ça).

Un type entre dans le bus, et se place devant moi, debout, un énorme carton (d'ampli) à ses pieds. Il me regarde bizarrement. Je me demande si je n’ai pas trop forcé sur le rouge à lèvres, oublié d’enlever un bigoudi ou autre chose honteuse dans le genre, mais sa prise de parole coupe cours à mes angoisses : « Je t’ai vu passé des disques en soirée, c'était bien, tu as un blog et moi aussi, on a déjà commenté respectivement nos notes. »

Au départ, je suis plutôt étonnée, ce n'est pas le genre "dragueur" : habituellement ce sont des mecs pas terribles qui me branchent (Céline peut confirmer, elle l'a déjà constaté en soirée) mais lui n'est pas dans ce cas. Et puis les types qui me parlent n’ont pas de chemise superbe.
Or le gars en a une assez jolie, à pois. J’en déduis qu’il ne me branche pas du tout. Mais je reste sur la défensive. « Oui, et tu fais quoi ? »

En gros, Pierre (c’est son nom) est écrivain, et il joue avec Jacno. Je pense qu’il y a pire comme boulot. On discute un peu, il m’a l’air sympathique.
Mais ma station d’arrivée est proche, je descends très vite, entendant à peine ce qu’il me dit. Je retiens juste qu’il sera au salon du livre…Or je dois justement y aller ce soir, pour accompagner à un cocktail une copine illustratrice fort douée, et voir un ami poète qui a gagné un concours. Me voilà donc au salon. Après un petit tour d'horizon, je demande à l’accueil si la maison d’édition de Pierre est là. On me répond qu'elle n’y est plus depuis 5 ans. Alors, peut être est-il en dédicace ? Non, plus. Malédiction, je me dis que ce garçon s’est un peu foutu de moi. Et je vais faire ce que j’ai à faire : boire des coupes de champagne sur les stands des maisons d’édition.

Quand je tombe par hasard sur l'homme de dos, en train de servir du champ à deux charmantes jeunes filles. J’hésite à lui parler, de peur de déranger, puis j’y vais. Il a l’air plutôt content de me voir, ou alors il joue très bien la comédie. Il m’offre son livre : Some clichés, une enquête sur la disparation du rock’n’roll. Le titre promet.

Dans le métro qui me ramène chez moi, j’ouvre le livre et trouve une charmante dédicace (pour faire court, il ne regrette pas de ne pas avoir pris le taxi cette après midi, je garde le reste pour moi), et puis je me plonge dans la lecture, de ce qui ressemble à un 31 songs de Nick Hornby en plus 80's et plus rock. Pierre raconte qu’il n’a jamais eu trop de succès avec les filles, qu’il n’aime pas le sport, qu’il n’a pas tout de suite accroché avec la musique de Jacno. Que les héros rock d’aujourd’hui sont moins flamboyants que ceux d’avant. Il fait aussi part de son émotion dans les années 80 devant une mère de famille portant un tee-shirt Lili Drop. Or ( qui a dit : on s'en fout? ) mes parents ont choisi mon prénom parce que c’était celui de la batteuse de ce groupe. Drôle d’écho, pas le seul, beaucoup de choses me parlent, comme cette façon de relier des moments de vie à des chansons, même si Pierre avait 18 ans, quand je venais au monde, en 1980, il jouait alors dans les Desaxés. Mais ça doit être le propre des bons livres de vous "causer" comme si toutes les différences d’époque et de contexte social n’avaient jamais existées.

Some Clichés, une enquête sur la disparition du rock’n’roll, de Pierre Mikaïloff
(éditions L’harmattan)

np : Hot Chip - Over and Over, The new Phoenix and Tekel

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